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10.000€ pour sauver une œuvre d’art : des lycéens drouais au cœur du projet


17.02.2021

Depuis le 2 février, 28 élèves de seconde en option Histoire des arts du lycée Édouard-Branly de Dreux participent à la campagne nationale « Lycéens à la découverte du plus grand musée de France ». Leur mission ? Choisir parmi 7 œuvres du patrimoine local celle qui bénéficiera d’une enveloppe de 10.000€ pour être restaurée. Parmi elles figurent deux peintures de l’église Saint-Pierre. L’une d’elles sera-t-elle sélectionnée par les lycéens ? Réponse dans 4 mois.  

Initiée par la Fondation Sauvegarde de l’art français, l’opération « Lycéens à la découverte du plus grand musée de France » vise à préserver des œuvres en péril du patrimoine local. D’abord expérimenté dans les Hauts-de France, le dispositif s’étend aujourd’hui à l’ensemble du territoire national. Pour cette 3e édition, le lycée Édouard-Branly est le 1er établissement de la région Centre-Val de Loire à vivre cette mission de valorisation du patrimoine. 


À la découverte des richesses patrimoniales du pays de Dreux  

Jusqu’au mois de juin, encadrés par leur professeur d’Histoire, Joël Dubos, également détaché de l’Éducation nationale au Musée d’Art et d’Histoire de Dreux, les lycéens se familiariseront avec les peintures et sculptures. Celles-ci ont été préalablement retenues à la fois par les conservateurs des Monuments Historiques dans des églises des villages alentours et par la Ville de Dreux. “Deux peintures ont été retenues à l’église Saint-Pierre, explique Damien Chantrenne, directeur et conservateur du Musée, Il s’agit de Sainte femme au pied de la croix et Saint-Grégoire-le-Grand. Ces deux œuvres font également partie du plan pluriannuel de restauration des œuvres d’art initié par la DRAC et la Ville en 2017.”  

C’est mardi 15 février que les lycéens se sont rendus à l’église Saint-Pierre pour justement découvrir ces deux huiles sur toile à préserver. À cette occasion, les élèves ont notamment été accueillis par Fouzia Kamal, adjointe à la Culture, au Patrimoine et au Tourisme. L’occasion pour l’élue de leur rappeler l’importance et la majesté de cet édifice gothique “haut-lieu du patrimoine drouais dont la Ville assure la pérennité et la valorisation par des investissements financiers importants et un engagement global”. Au-delà de sa vocation cultuelle, “l’église Saint-Pierre est aussi un lieu de mémoire qui compte une vingtaine d’objets d’art, souligne Fouzia Kamal. Son caractère culturel a vocation à être transmis. Il appartient aux Drouais, et aujourd’hui, grâce à cette belle initiative, il vous appartient également !”  

“Nos mécènes potentiels” 

Au côté de Damien Chantrenne, les lycéens ont découvert ces deux œuvres présentant des altérations (craquelures, moisissures, peintures ternies, etc.). “C’est important pour eux de comprendre la relation entre le support et la surface. La couche picturale, la toile et le châssis. C’est tout l’enjeu justement de ces deux restaurations.” Munis de leur carnet de notes, les élèves se sont donc emparés de l'histoire des œuvres. Objectif ? En savoir le plus possible et connaître leur état de conservation. Avoir toutes les clés en main, tel un conservateur, pour ensuite choisir l’œuvre à sauver en tenant compte de tous les enjeux de la restauration.

Pour Joël Dubos, leur professeur, ce dispositif original est une aubaine et présente plusieurs atouts. “Premièrement, explique-t-il, il y a une visée éducative avec un travail de recherche et d’analyse pour mieux comprendre et apprécier les objets d’art. Cela passe par l’acquisition de compétences méthodologiques et terminologiques. Ils vont établir des critères qui leur permettra de choisir l’œuvre à mécéner. Deuxièmement, il y a une visée citoyenne car les élèves devront apprendre à communiquer, à débattre et à prendre une décision collégiale sur l’œuvre élue à la restauration. Troisièmement, il y a une démarche participative avec une réappropriation de l’art par la jeunesse.”

Voilà de quoi transformer ces 28 lycéens de Branly en véritables passeurs et ambassadeurs des richesses d’art et d’architecture. Ce que confirme unanimement Oriane, Brian et Lou : “Souvent, on se promenait sans vraiment regarder. Aujourd’hui, on est plus sensibilisés et on se rend compte qu’on est entourés de patrimoine. Dans les petits villages, on a vu des églises en mauvais état et parfois privées de vitraux depuis des années. On a pu observer que les petites communes avaient moins de budget pour la préservation de leur édifice. Pourtant leur patrimoine est souvent plus pittoresque et donc … beaucoup plus intéressant à nos yeux.”  

Au total, ce sont 7 peintures et sculptures qui ont été présélectionnées pour cette 3e édition. Toutes sont situées en pays de Dreux dont 5 dans les églises d’Allainville, de Louvilliers-en-Drouais, de Saint-Jean-de Rebervilliers, de Saulnières et de Vert-en-Drouais. À l’issue de la “compétition”, il n’est pas exclu que deux d'entre elles puissent bénéficier d’une restauration : l’enveloppe allouée par la Fondation sera alors divisée.  

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