Fenêtre sur le passé

Culture
10.05.2019

Elle était là depuis des centaines d’années, sur le mur de l’église Saint-Pierre. Cachée… Parce qu’un autre artiste l’avait recouverte de sa propre oeuvre au XIXe siècle. Le temps a fait son oeuvre et c’est grâce à la restauration de la peinture du XIXe qu’elle refait surface.

Curieux clin d’oeil de l’histoire pour Lydie Patronnier. Depuis décembre, la restauratrice, ainsi que l’atelier Arcoa, interviennent sur les peintures de l’église Saint-Pierre, celles de la Chapelle de la Vierge, déteriorées notamment par des infiltrations d’eau. « Notre travail de conservation-restauration d’oeuvres d’art consiste à préserver l’existant, neutraliser l’évolution des désordres et remettre en valeur leur authenticité. Il s’agit de nettoyer, consolider, reboucher et remettre de la couleur sur les lacunes. Il n’est évidemment pas question de se substituer à l’artiste, au créateur de ces décors », explique Jean-Sylvain Fourquet, gérant d’Arcoa. Mais la restauration a réservé une surprise à Lydie Patronnier. « Un moment un peu magique », ouvrant une brèche sur l’histoire et le passé. 

Installée sur son échafaudage, bistouri à la main, elle a commencé son diagnostic sur la peinture la plus abimée. « J’ai fait un dégagement en recherche afin de savoir ce qu’il y avait dessous ». Millimètre par millimètre, Lydie Patronnier met au jour un fragment de peinture ancienne. « Au début, un oeil est apparu, puis des poils de barbe, des mèches de cheveux, et ensuite une main ». Un travail de patience qui révèle l’enfant Jésus, la tête et la main d’un homme. Un fragment « d’une très grande qualité d’exécution ». Selon Damien Chantrenne, conservateur du Musée, il s’agirait d’une « présentation au temple », au moment où l’enfant Jésus est reçu par le vieillard Symeon, figuré à gauche de la composition.

Recouvrir ou garder ?

Les Maîtrises d’ouvrage, Maîtrise d’oeuvre ainsi que la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) sont désormais confrontés à un dilemme, résumé par Jean-Sylvain Fourquet : « Beaucoup plus de talent artistique se dégage de ce XVIe siècle. Nous découvrons un dessin d’une qualité supérieure sous une peinture en cours de restauration… Qu’est-ce que l’on fait ? » Faut-il recouvrir ce fragment de quelques dizaines de centimètres carré ou le garder visible pour « le présenter comme un témoin, une fenêtre sur le passé » ? La dernière option serait vraisemblablement réalisable, car la peinture découverte est située dans une partie qui n’altère pas réellement la lecture de l’oeuvre la plus récente. Le fragment se situe en partie basse du décor XIXe siècle dans le socle de la Vierge. En attendant la décision, les travaux de rénovation se
poursuivent et devraient se terminer fin mai.

 

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