Retour

La bataille de Dreux entre au musée


17.09.2014

Cette huile sur toile anonyme datant probablement du XVIIe siècle est désormais visible sur les cimaises du musée d’art et d’histoire après y avoir pris place au titre d’un dépôt de la Fondation Saint-Louis. Elle a été officiellement dévoilée mardi 24 juin en présence du comte de Paris, président d’honneur de la fondation. Le tableau est étrange et semble coupé en
deux avec d’un côté la cité drouaise aux pieds de son château et, de l’autre, la plaine où se massent les armées. 
 
Peinture d’histoire, ce tableau présente un intérêt documentaire certain puisqu’il relate la première confrontation des catholiques et des protestants sur un champ de bataille, en 1562, dix ans avant le massacre de la Saint-Barthélémy. Il renseigne également sur la toponymie et les paysages des environs drouais. 
 
Cette bataille de Dreux, à laquelle Montaigne consacre un chapitre de ses «Essais », a lieu le 19 décembre 1562 entre la vallée de la Blaise et celle de l’Eure. Elle oppose six heures durant les troupes du parti catholique du duc de Guise et celles du prince de Condé pour les protestants. La bataille est sanglante: elle fait quelques 8000 morts. 
Le carnage avait pris racine en mars de la même année à Wassy, un bourg de Haute-Marne où l’intransigeant catholique François de Guise avait massacré une cinquantaine  d’hommes, femmes et enfants, au cours d’un office réformé. En représailles, les protestants s’étaient rendus maîtres de plusieurs localités du sud parisien, et, menés par Condé et Coligny, s’étaient repliés à l’ouest afin de ne pas rester exposés aux ripostes de l’armée royale. Plutôt que d’attaquer Chartres, ils étaient remontés en direction de la Normandie avec pour but les fonds anglais destinés à payer la troupe, indisciplinée et souvent mercenaire.
 
Les troupes protestantes reprises à Dreux.

En décembre 1562, l’armée royale ratrappe les protestants au sud-est de Dreux. Côté protestant, Condé est blessé et capturé. Les catholiques perdent le maréchal de Saint-André,  tué, et Montmorency, fait prisonnier. La victoire des catholiques leur permettra de mettre le siège sur Orléans. Mais, à terme, cette bataille contribuera à affranchir Catherine de Médicis des grands chefs de guerre. Saint-André tué, Montmorency captif depuis les événements de Dreux et Guise assassiné au siège d’Orléans, Catherine de Médicis a les mains libres pour signer l’édit d’Amboise qui autorise le culte réformé pour les nobles…
 
 

Ça vous intéresse

Le référendum d'initiative partagée
Le référendum d'initiative partagée
Qu'est-ce que le référendum d'initiative partagée ?
Le référendum d’initiative partagée est le dispositif prévu par l'article 11 de la Constitution depuis la révision constitutionnelle de 2008. Un référendum portant sur les domaines...