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Les Métézeau, une dynastie de maîtres maçons et d’architectes

Exposition
03.04.2019

Du 7 avril au 17 décembre, le Musée d'Art et d'Histoire propose une exposition sur une dynastie de maîtres maçons et d’architectes : les Métézeau. Cette exposition s'inscrit dans le cadre de la célébration des "500 ans de Renaissances" organisée par la Région Centre-Val de Loire. 

La Renaissance s’épanouit en Italie au début du XVe siècle puis en France au début du XVIe. Elle se caractérise par la redécouverte de l’Antiquité, tant dans les arts et les lettres que dans les sciences, et donne une place nouvelle à l’homme. En matière d’architecture, les lignes se renouvellent et s’épurent, désormais régies par l’emploi des ordres, le respect des proportions et le souci de la symétrie et de la régularité. Les ornements, quant à eux, puisent dans les exemples antiques. En France, dans la seconde moitié du XVIe siècle, les motifs maniéristes issus du chantier de Fontainebleau, château royal où ont travaillé des artistes italiens, viennent enrichir les façades. Sur trois générations, les Métézeau participent à la diffusion de ce nouveau répertoire. Les Métézeau ont donné les plans de monuments et de sites majeurs à la fin de la Renaissance et dans la première moitié du XVIIe siècle. Dreux, leur ville de naissance et de coeur, a constitué un surprenant laboratoire d’expériences anticipant quelques-unes des plus belles réussites architecturales françaises. Depuis Clément Ier Métézeau, le maître maçon qui contribua à édifier le Beffroi et l'église Saint-Pierre de Dreux, jusqu'à ses fils Jean et Thibault, et petits-fils Louis et Clément II, découvrez l’histoire d’une famille au service des rois et des institutions religieuses et civiles.

 

Une dynastie attachée à Dreux

Les Métézeau sont issus de la région drouaise. Certains sont même nés à Dreux. Le lieu de naissance de Louis Métézeau est le seul qui soit encore incertain. Si Clément Ier et Jean Ier habitent la ville leur vie durant, ce n’est pas le cas de Thibault, de Louis et de Clément II. Leurs fonctions les conduisent à Paris, au plus près des rois dont ils deviennent successivement les architectes. En dépit de son éloignement, Clément II n’oubliera pourtant jamais ses racines. Son affection pour Dreux est si forte qu’il contribue régulièrement aux bonnes oeuvres des pauvres de la ville. Il emploie d’ailleurs à Paris des serviteurs d’origine drouaise. L’inscription qui encadre son portrait gravé le qualifie même de « druide », un jeu de mot qui renvoie aux origines de la ville, prétendument fondée par les prêtres gaulois de la forêt des Carnutes.

Dreux, un "laboratoire" de l'architecture à la Renaissance 

Durant la Renaissance, Dreux devient un « laboratoire » d’expériences architecturales et décoratives. Les deux premières générations de Métézeau, Clément Ier et Jean Ier, donnent à la ville un nouveau visage et semblent jouir d’un certain monopole architectural. On ne note pas d’intervention d’artisans italiens, comme c’est le cas dans quelques grands châteaux de la Loire. Clément Ier Métézeau participe à la construction du Beffroi et de la façade de l’église Saint-Pierre (vers 1520-1524). Son style mêle les arcs brisés gothiques à une riche ornementation tirée de l’Antiquité (médaillons, rinceaux, etc.). Jean 1er Métézeau construit la tour Saint-Vincent et le bras sud du transept de l’église Saint-Pierre. Il est sans doute l’architecte de l’hôtel Montulé et de la chapelle de l’Hôtel-Dieu. Son style est caractérisé par une certaine inventivité et présente des similitudes avec l’art de Philibert Delorme, visible à la chapelle du château d’Anet. Il apprécie les colonnes brisées et l’alternance de brique et de pierre qui rend les façades polychromes. 

Des architectes des "Bâtiments du Roi"

Parmi les Métézeau, trois ont été « architectes des Bâtiments du Roi » : Thibault (1584), Louis (1594) et Clément II (1615). Cette charge leur permet de suivre les grands chantiers du temps. Cela ne les empêche pas de répondre à des commandes privées. Par ailleurs, Louis et Clément II Métézeau sont les seuls architectes de leur génération à bénéficier d’un logement aux galeries du Louvre, preuve de l’estime dans laquelle les tenait le roi. En 1627-1628, Clément II Métézeau réalise son ouvrage le plus notable, la digue de La Rochelle, qui empêche le ravitaillement de la ville protestante assiégée par les troupes royales conduites par le cardinal de Richelieu.

À l’issue de ce blocus, le roi laisse aux Rochelais la vie et leurs biens, mais exige le rétablissement du culte catholique ainsi que la démolition des fortifications. En récompense de ses services, Clément II reçoit le titre d’ « ingénieur du Roi ». L’ouvrage est célébré à la fin du XIXe siècle par le peintre François-Hippolyte Debon dont le tableau est conservé au musée de Dreux. À gauche de la composition apparaît l’architecte présentant ses plans au roi et à Richelieu tandis qu’à l’arrière se devinent les chevalets de la digue.

 


Renseignements 

Musée d’Art et d’Histoire,
5, place du Musée, à Dreux, 02.37.38.55.75,
musee@ville-dreux.fr

Ouvert le lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 14
à 18 heures, et le dimanche (gratuit) de 15 à 18
heures

Entrée plein tarif : 4,00 euros
Entrée tarif réduit : 2,00 euros

 

 

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