L’histoire d’épidémies et des cures au grand air

L’histoire d’épidémies et des cures au grand air

Construit sous l’impulsion de Maurice Viollette, maire de Dreux de 1908 à 1959, le vaste complexe des Bas-Buissons incarne l’histoire d’un mouvement sanitaire né au début du XXe siècle, celui de la lutte contre la tuberculose. Cette maladie – qui affecte les poumons et dont les principaux modes de contagion sont des gouttelettes de salive et des poussières en suspension – devient un enjeu sanitaire pour les politiques publiques au cours notamment de la Grande Guerre, période où la mortalité tuberculeuse est en recrudescence.

Pourtant, la maladie était déjà là et sévissait depuis longtemps dans les foyers les plus pauvres. Maurice Viollette le savait : deux ans après son accession à la mairie de Dreux, il présente un projet ambitieux de santé publique qui sera adopté par le conseil municipal : la création d’un préventorium sur les plateaux nord. Une zone choisie pour son exposition plein sud et un peu à l’écart de la ville.

L’établissement de cure, baptisé Thérèse-Viollette, destiné à accueillir des sujets qui relèvent d’une primoinfection au bacille de Koch (300 places), est très vite complété par un sanatorium, une clinique médicale spécialisée dans le traitement des différentes formes de la tuberculose (400 places). Progressivement, le site est étendu et de nouveaux pavillons voient le jour dont une maison de convalescence pour femmes (50 places). À son apogée entre les années 30-50, l’activité du site des Bas-Buissons décline peu à peu avec notamment l’arrivée du vaccin BCG en 1954.

Dans les années soixante, alors que la tuberculose est éradiquée, les bâtiments accueillent une maison de retraite et un institut médico-pédagogique. C’est en 1990 que le site ferme ses portes définitivement. En 1999, alors que le vaste complexe est totalement abandonné, la Ville de Dreux rachète le terrain pour un franc symbolique.

Après plusieurs années de réflexion quant au devenir du site des Bas-Buissons, la Covid-19 et le confinement strict survenu au printemps 2020 ont totalement rebattu les cartes pour des territoires situés aux portes de l’Île-de-France qui attirent de nouvelles populations.

Les dates clés

1910
Adoption du projet du préventorium par le Conseil municipal

1928
Construction par les architectes Georges Beauniée et André Sarrut

1931

Ouverture du préventorium Thérèse-Viollette

1932
Création du sanatorium, la clinique Laennec

1954
L’arrivée du vaccin BCG

1962
Reconversion des bâtiments avec un institut médicopédagogique et une maison de retraite

1990
Fermeture définitive du site

1999
Rachat du site par la Ville pour un franc symbolique